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Quitter le laboratoire: de retour à une pièce sombre de la maison

Un article en anglais traduit par une collègue … article original ici

Tout le monde sait que les chattes doivent mettre bas sans être dérangées, dans un lieu obscur et isolé – en se créant un nid douillet dans la pièce la plus reculée, dans le coin le plus sombre de la maison, sous le lit. Et tous ceux qui connaissent les chats comprennent qu’il ne faut jamais déranger une chatte en travail ainsi que les chatons qui viennent de naître car la mise à bas risque de s’interrompre ou bien la chatte risque de rejeter ses petits. Tout le monde sait ça. lire la suite

Hands-off ou La sagesse du non-agir

Quand j’ai vu cette photo, j’ai été émue.

Saisie par le chemin parcouru.

Ces mains en retrait,

qui se tiennent l’une à l’autre,

qui se parlent et qui observent chaque situation,

chaque morceau de seconde

pour savoir si elles doivent bondir, agir ou se retenir.

Là, tel un filet.

Elles ont d’abord appris à entrer, violer, extirper les bébés du sein de leur mère.

Elles frissonnaient. Elles avaient cela en horreur.

Ces mains qui déjà, ostéopathes cherchaient à se placer le plus en retrait possible. Minimalistes dans leurs actions.

Elles sentaient dans ces actions systématisées lors des naissances une violence.

Puis, libérées du carcan des études de sage-femme, elles se sont réjouies de rester à distance, laissant faire ce binôme de la mère et de l’enfant,

nouveau-né naissant par lui-même et femme s’ouvrant sur son passage.

Elles ont observé le temps que prenaient ces enfants.

Nouvel apprentissage réjouissant !

Mais un « non-agir » quelque peu naïf parfois…

Une situation, puis une autre…

Quelques fois, une urgence,

glisser un doigt ou deux, voire une main entière,

tâter, comprendre ce qui bloque, sentir le mouvement, le besoin du moment, l’intention et le bon vecteur de force dans cet instant.

Un soupir ou un cri de soulagement d’une femme, et les premiers gargouillis d’un bébé un peu sonné.

L’intervention a semblé justifiée. Mains utiles…

La peur qui naît ensuite de ces évènements et le mental qui s’agite.

Et si…

Et si mes mains n’avaient pas pu trouver la clé ?

Et si l’intervention était venue trop tard ? Et si ce bébé était resté coincé ?

Et si ?…

Et ce sont les fois suivantes,

fébriles,

que les mains se tiennent l’une à l’autre,

palpitantes, comme ce cœur de sage-femme qui doute,

prêtes à bondir.

Si la peur et la fatigue l’emportent,

elles surgissent.

Viennent tâter cette petite tête couronnée,

vérifier son avancée, tenter de l’aider,

viennent crocheter une épaule qui tournait déjà sur ce périnée.

Bébé arrive,

gargouille, respire, rosit, et les mains reculent…

Regrettant déjà d’avoir manqué de confiance cette fois-là

et d’avoir bondi au lieu de se tenir tranquilles.

Puis peu à peu l’expérience s’affine.

Les mains apprennent de leurs maladresses.

Autant du « trop » que du « pas assez ».

Peu à peu la sérénité revient.

Le cœur efface la peur pour se connecter à l’instant,

prend confiance et sait reconnaître ou sentir où se trouve la place du non-agir,

où se trouve la place de l’action juste.

Il arrive encore que mes mains se parlent, se raisonnent :

« On y va ? On n’y va pas ? »

« Besoin ? Pas besoin ? »

Mais quelle évidence que les mains les plus accueillantes, celles qui devraient toucher les premières un nouveau-né sont celles de ses propres parents !

Pas celles d’une inconnue ni même d’une amie !?

Qu’il est tentant pourtant de voler ce premier contact avec ce petit ange mouillé,

chaud, doux et gluant qui fait palpiter les cœurs et se sentir tellement vivant.

Pas étonnant que des millions, milliards de petits humains se fassent intercepter par ces mains étrangères qui ne sont pas celles qui les ont attendus, appréhendés et caressés à travers la peau d’un ventre pendant plusieurs mois.

Un petit deuil d’abord de devoir renoncer à ce contact si agréable.

Cesser d’être une voleuse.

Sages-femmes et obstétricien-ne-s kleptomanes de ce premier contact avec la vie qui ne devrait pas leur appartenir.

Puis finalement, renoncer à voler cette place pour un jeu qui en vaut la chandelle.

Je n’ai rien vu dorénavant de plus beau, émouvant qu’une naissance que lorsque je m’y suis sentie inutile, de trop.

Lorsque l’enfant émerge,

reculer,me fondre dans les murs.

Et la puissance, l’émotion de cette famille peut prendre toute sa place.

Disparaître et leur rendre l’intégralité de cette rencontre qui leur appartient.

C’est pour autre chose que les petites mains s’agitent dans la discrétion,

pour apporter du confort dans l’instant,

glisser un oreiller, apporter une bouillote, une tisane, une couverture,

silencieusement,

comme si une fée invisible venait devancer les besoins matériels.

Et repartir chez soi.

La satisfaction est là,

Si la femme s’est sentie actrice,

si le-a partenaire a trouvé sa place,

si l’enfant s’est senti considéré dans sa naissance (si nous pouvions le lui demander…)

Mais garder son humilité car chaque enfantement m’apporte son lot d’apprentissage.

Virer la peur et la naïveté.

Toujours entretenir la confiance, ne pas oublier la vigilance.

Satisfaction d’avoir senti que c’est grâce à la simple présence apaisée d’une sage-femme aux mains calmes que l’instant s’est déposé.

Et que cette famille s’est sentie suffisamment en sécurité pour s’ouvrir à cette naissance,

qu’elle l’a écrite avec ses propres couleurs,

créant sa propre symphonie sans les fausses notes d’une étrangère.

Et la lumière fut.

Eléonore (texte) , Laura Boil Photography (photo)

Un travail de fin d’études sages-femmes

Un grand merci aux auteures ce travail constitue notamment une bonne introduction aux journées de l’AAD « entre sécurité et liberté » prévues en mai 2021 …

Ci dessous un digest proposé par l’APAAD (merci Françoise …) mais bien sur vous pouvez trouver l’intégralité du travail en cliquant sur CE LIEN

Notes de lecture sur le Travail de fin d’étude de 3 sages-femmes: Des interviews éclairants!!Accompagnement global par la sage-femme : quelles stratégies pour une pratique durable en France et en Belgique ?

la comparaison ac global/ hôpital

Hélène décrit ainsi son premier accouchement à domicile : C’était la révélation, oui, évidemment, dans un hôpital on a plein de désirs (…) mais je me souviens du premier accouchement [à domicile], je m’en souviens très bien, et le mot qui m’est venu, c’est respect. J’étais éblouie par le respect de la femme, du couple, vraiment éblouie, j’en ai encore les larmes aux yeux tellement c’était fort. Oui. C’était quelque chose en moi que je ne voyais pas dans mon travail, si, on œuvrait pour ces choses-là mais cela n’a aucune comparaison avec ce qu’on voit à l’hôpital, aucune, c’était vraiment autre chose.

Les socles de la sécurité diffèrent entre le modèle hospitalier et le modèle de l’accompagnement global : pour le premier, une gestion du risque basée sur le suivi de protocoles standardisés et sur des interventions médicales préventives, pour le second une connaissance poussée de la physiologie et une confiance dans le processus, la connexion avec les parents, une présence attentive et le recours à des interventions médicales uniquement sur signes d’appel. Cette connaissance fine de la physiologie et des moyens de la protéger est considérée comme la base du métier

Les tensions entre le modèle de l’accompagnement global et le modèle médical dominant se marquent en termes de reconnaissance de l’autonomie de la sage-femme et du droit des femmes à une information éclairée et au libre choix. « C’est potentiellement pas des petits moutons les patientes (…) ça leur fait peur aussi », dit Pauline en parlant des professionnel·les confronté.es à des femmes autonomes et informées.

Afin d’améliorer ce climat conflictuel-hopital/sage-femme, les sages-femmes décrivent les éléments qui leur ont permis d’établir des relations de confiance avec les partenaires hospitalier·ères : • Comprendre les besoins de sécurité de ces professionnel·les et apporter des gages de confiance, via un dossier médical bien tenu, un langage professionnel et le fait de ne pas les mettre en difficulté avec des transferts tardifs ; • Travailler avec les parents pour que le lieu de naissance ne soit pas vécu comme une finalité mais comme un moyen d’accoucher en santé. Dans ce cas, l’hôpital représente une ressource en cas de besoin. Cela revient à travailler l’humilité et le lâcher prise.

la sécurité hors hôpital

je vais avoir créé une relation de confiance avec elle tout, au long de la grossesse. Pour moi, c’est un garant de sécurité. C’est un garant de physiologie aussi parce que je pense qu’elle va peut-être mieux pouvoir se laisser aller avec une personne qu’elle connait, qu’avec une personne qu’elle va juste découvrir au moment de l’accouchement. (Véronique)

Se donner un  cadre a aussi cette fonction d’aider la sage-femme à maintenir sa posture professionnelle : « garder sa lucidité médicale, ce qui assure la sécurité. »

L’autonomisation des femmes et des parents ;. Il s’agit dans un premier temps de passer d’une relation verticale à une relation plus égalitaire, où les parents sont « acteurs et pro-actifs de leur projet de parentalité, à commencer par la grossesse » , ce qui vient en opposition à des parents passifs dans un processus dirigé. Cela part du principe que les parents sont des êtres conscients et responsables, compétents pour trouver leurs ressources par eux-mêmes et pour faire des choix justes concernant leur santé, à partir du moment où ils sont éclairés. Pour la femme, il s’agit de prendre confiance en sa capacité intrinsèque d’accoucher, « ce n’est pas la sage-femme qui l’accouche mais bien la femme qui accouche par elle-même »

s’autonomiser c’est aussi partager les responsabilités. Cela permet aux parents de « retrouver leur juste part de responsabilité » quant à leur propre vie.

Je suis bien à ma place à ce moment-là, ce bébé-là il nait, ma mission c’est d’être là pour veiller, pour accompagner cette famille. Mais sans prendre tout sur moi, genre, tout m’appartient, non, ça leur appartient entièrement, moi je suis là pour donner un pied dans l’ancrage, leur permettre de vivre ce qu’ils ont à vivre…

Reflexions pour les sages femmes désireuses de commencer un Ac. global:

*sur l’équilibre de la sage femme d’accompagnement global: vie perso/ vie pro

*l’organisation des « équipes », comment faire perdurer.

*des propositions de rencontres avec les équipes médicales plus fructueuses

Pistes de réflexions plus globale!

*Favoriser au sein des structures des lieux « physiologiques »  géré par des sages femmes, qui permettraient une pluralité de choix et une plus grande continuité et compréhension inter professionnels

* des propositions politiques: augmenter la rémunération, diminuer le cout d’une assurance, participation des communauté de parents pour faire évoluer les possibilités d’ac global.

Tres bientot l’assemblée générale de l’APAAD

Une AG virtuelle bien sur, mais accessible à tous ! Fin septembre le lien vers le forum avec possibilité de s’inscrire est envoyé à tous les participants de l’APAAD depuis le début. (rappelé aussi dans la newsletter de début octobre)
Les sujets d’échange sont ouverts à tous les inscrits sur le forum peuvent donc réagir sur tous les sujets et sur tous les commentaires et messages publiés pendant cette période : questions, critiques, suggestions, propositions, …
Tous les adhérents à jour de leur cotisation à l’APAAD pourront voter pendant la période prévue pour cela (du 10 au 20 octobre)

CALENDRIER de l’AG :

– envoi du lien vers le forum à tous les adhérents : mercredi 30 septembre avec l’appel à candidature (réceptionné sur le forum avant le 10 octobre dernier délai) pour le conseil d’administration

– Du 1er octobre au 10 octobre participation libre- Du 11 octobre au 20 octobre seuls les adhérents à jour de leur cotisation au 10 octobre 2020 sont membres du forum et peuvent donc participer aux échanges virtuels lors des derniers 10 jours et aux votes proposés

– Clôture de l’AG le mardi 20 octobre à 18h

– Une visio conférence zoom interne au nouveau CA permet le 23 octobre de 9h à 12h de produire les principaux éléments du compte rendu de l’AG

– Le secrétariat met en forme et le document final est envoyé à tous les adhérents pour le 15 novembre

Groupe de pairs

l’APAAD vous propose donc 1 outil supplémentaire pour cette rentrée :  un groupe de pairs virtuel mensuel Celui- ci aura lieu (en toute confidentialité) tous les premiers jeudis du mois, en visio, de 12h30 à 13h30, en limitant le nombre aux 5 premiers Sages-Femmes inscrits, plus une animatrice APAAD (à tour  de rôle : Isa, Audrey, Claire). La visio conférence nous donnera, en outre, la joie de mettre des visages sur nos noms ! C’est un « service à la carte » ouvert aux adhérents de l’APAAD.

Si vous souhaitez participer, il vous suffit de vous inscrire à cette adresse : contact@apaad.fr, et nous donnerons ensuite aux 5 premiers le lien de connexion ZOOM pour le jour J ! 

Inauguration : Jeudi 1° octobre de 12h30 à 13h30
Toutes à la joie de vous retrouver pour ce temps de partage : Isa, Audrey et Claire pour l’APAAD 


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