Un travail de fin d’études sages-femmes

Un grand merci aux auteures ce travail constitue notamment une bonne introduction aux journées de l’AAD « entre sécurité et liberté » prévues en mai 2021 …

Ci dessous un digest proposé par l’APAAD (merci Françoise …) mais bien sur vous pouvez trouver l’intégralité du travail en cliquant sur CE LIEN

Notes de lecture sur le Travail de fin d’étude de 3 sages-femmes: Des interviews éclairants!!Accompagnement global par la sage-femme : quelles stratégies pour une pratique durable en France et en Belgique ?

la comparaison ac global/ hôpital

Hélène décrit ainsi son premier accouchement à domicile : C’était la révélation, oui, évidemment, dans un hôpital on a plein de désirs (…) mais je me souviens du premier accouchement [à domicile], je m’en souviens très bien, et le mot qui m’est venu, c’est respect. J’étais éblouie par le respect de la femme, du couple, vraiment éblouie, j’en ai encore les larmes aux yeux tellement c’était fort. Oui. C’était quelque chose en moi que je ne voyais pas dans mon travail, si, on œuvrait pour ces choses-là mais cela n’a aucune comparaison avec ce qu’on voit à l’hôpital, aucune, c’était vraiment autre chose.

Les socles de la sécurité diffèrent entre le modèle hospitalier et le modèle de l’accompagnement global : pour le premier, une gestion du risque basée sur le suivi de protocoles standardisés et sur des interventions médicales préventives, pour le second une connaissance poussée de la physiologie et une confiance dans le processus, la connexion avec les parents, une présence attentive et le recours à des interventions médicales uniquement sur signes d’appel. Cette connaissance fine de la physiologie et des moyens de la protéger est considérée comme la base du métier

Les tensions entre le modèle de l’accompagnement global et le modèle médical dominant se marquent en termes de reconnaissance de l’autonomie de la sage-femme et du droit des femmes à une information éclairée et au libre choix. « C’est potentiellement pas des petits moutons les patientes (…) ça leur fait peur aussi », dit Pauline en parlant des professionnel·les confronté.es à des femmes autonomes et informées.

Afin d’améliorer ce climat conflictuel-hopital/sage-femme, les sages-femmes décrivent les éléments qui leur ont permis d’établir des relations de confiance avec les partenaires hospitalier·ères : • Comprendre les besoins de sécurité de ces professionnel·les et apporter des gages de confiance, via un dossier médical bien tenu, un langage professionnel et le fait de ne pas les mettre en difficulté avec des transferts tardifs ; • Travailler avec les parents pour que le lieu de naissance ne soit pas vécu comme une finalité mais comme un moyen d’accoucher en santé. Dans ce cas, l’hôpital représente une ressource en cas de besoin. Cela revient à travailler l’humilité et le lâcher prise.

la sécurité hors hôpital

je vais avoir créé une relation de confiance avec elle tout, au long de la grossesse. Pour moi, c’est un garant de sécurité. C’est un garant de physiologie aussi parce que je pense qu’elle va peut-être mieux pouvoir se laisser aller avec une personne qu’elle connait, qu’avec une personne qu’elle va juste découvrir au moment de l’accouchement. (Véronique)

Se donner un  cadre a aussi cette fonction d’aider la sage-femme à maintenir sa posture professionnelle : « garder sa lucidité médicale, ce qui assure la sécurité. »

L’autonomisation des femmes et des parents ;. Il s’agit dans un premier temps de passer d’une relation verticale à une relation plus égalitaire, où les parents sont « acteurs et pro-actifs de leur projet de parentalité, à commencer par la grossesse » , ce qui vient en opposition à des parents passifs dans un processus dirigé. Cela part du principe que les parents sont des êtres conscients et responsables, compétents pour trouver leurs ressources par eux-mêmes et pour faire des choix justes concernant leur santé, à partir du moment où ils sont éclairés. Pour la femme, il s’agit de prendre confiance en sa capacité intrinsèque d’accoucher, « ce n’est pas la sage-femme qui l’accouche mais bien la femme qui accouche par elle-même »

s’autonomiser c’est aussi partager les responsabilités. Cela permet aux parents de « retrouver leur juste part de responsabilité » quant à leur propre vie.

Je suis bien à ma place à ce moment-là, ce bébé-là il nait, ma mission c’est d’être là pour veiller, pour accompagner cette famille. Mais sans prendre tout sur moi, genre, tout m’appartient, non, ça leur appartient entièrement, moi je suis là pour donner un pied dans l’ancrage, leur permettre de vivre ce qu’ils ont à vivre…

Reflexions pour les sages femmes désireuses de commencer un Ac. global:

*sur l’équilibre de la sage femme d’accompagnement global: vie perso/ vie pro

*l’organisation des « équipes », comment faire perdurer.

*des propositions de rencontres avec les équipes médicales plus fructueuses

Pistes de réflexions plus globale!

*Favoriser au sein des structures des lieux « physiologiques »  géré par des sages femmes, qui permettraient une pluralité de choix et une plus grande continuité et compréhension inter professionnels

* des propositions politiques: augmenter la rémunération, diminuer le cout d’une assurance, participation des communauté de parents pour faire évoluer les possibilités d’ac global.