Une femme enceinte emmenée de force à l’hôpital pour que son accouchement soit déclenché

Nous souhaitons partager un événement tragique qui a eu lieu chez nos voisins, dans le Nord de l’Espagne, à Oviedo.

Le 24 avril, la police municipale et une ambulance sont intervenus au domicile d’une femme qui planifiait un accouchement à domicile, pour l’emmener de force à l’Hôpital Universitaire Central des Asturies afin de provoquer l’accouchement. L’ordre judiciaire a été demandé à la juge par l’hôpital lui-même, sous motif de dépassement du terme. Le rapport médical indiquait « un risque d’hypoxie fœtale et de mort fœtal in utero si l’accouchement n’avait pas lieu à l’hôpital. ».

Peu de temps avant elle s’était rendue à l’hôpital pour effectuer les contrôles de bien-être fœtal (monitoring), tout était en ordre. L’hôpital souhaitant provoquer l’accouchement pour dépassement de terme selon leur protocole, le couple leur a répondu qu’ils allaient y réfléchir et sont rentrés chez eux.

Il s’agit d’une atteinte au droit fondamental de la femme enceinte de choisir où, comment et avec qui elle accouche. Cette femme avait décidé de manière informée, et conformément à son droit de patiente, qu’elle ne souhaitait pas un déclenchement médical de son accouchement étant donné qu’elle ne présentait pas d’autres facteurs de risque. La constitution espagnole de 1978 et la Loi espagnole d’Autonomie du Patient 41/2002 garantissent les droits fondamentaux à l’autonomie et au consentement informé. Être enceinte ou en travail d’accouchement ne sont pas des limites à ces droits, mais au contraire une protection spéciale en accord avec le traité international CEDAW 1979 y sa « Recomendación Salud y Mujer » nº 24, tous deux ratifiés par l’Espagne.

Il s’agit d’un abus de pouvoir commis par un hôpital qui a fait passer des protocoles et des opinions personnelles au-dessus des droits humains d’une femme en pleine possession de ses facultés mentales. Sur un plan médical, la seule possibilité aurait été de soumettre la femme à une évaluation psychiatrique s’il y avait un doute sur son état mental. En sachant que c’est une femme lucide, intelligente et bien informée, selon la loi rien ne justifiait de la soumettre à un traitement médical contre sa volonté, et cela même si un obstétricien évoque un risque potentiel encouru par le fœtus. Dépasser les 42 semaines d’aménorrhée ne fait pas perdre à la femme ce droit inaliénable à l’autonomie.

Ce matin, 26 avril, cette femme a finalement subi une césarienne pour stagnation du travail et épuisement, le bébé allait parfaitement bien. Comment pouvait-il en être autrement dans un tel contexte ?

Nous envoyons nos meilleures pensées à cette femme qui a été contrainte à accoucher dans un lieu imposée et avec des professionnels qu’elle n’a pas choisis. Nous pensons à sa famille, à sa sage-femme aad qui l’a accompagnée avec professionnalisme et continue de le faire dans le post-partum, et aux associations et militants espagnols qui soutiennent cette famille et feront reconnaître cette injustice pour que cela ne se reproduise plus.

Une pétition a été lancée par l’association d’usagers El Parto es Nuestro (« l’Accouchement est à nous »).

Le Conseil d’Administration de l’APAAD.

Sources:

4 réflexions sur « Une femme enceinte emmenée de force à l’hôpital pour que son accouchement soit déclenché »

    1. Merci pour votre vigilance, c’est corrigé, et même c’est « pour que l’accouchement soit déclenché »
      Cordialement

  1. Aucun recours possible pour cette femme auprès de la cour européenne des droits de l’homme ?? Si elle en a la force, il faut l’aider

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