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Un livre témoignages : Vies de Sages-Femmes

Un voyage polyphonique au cœur du métier de sage-femme

Sage-femme : un métier qui sonne comme une vocation, une passion. Mais c’est aussi un métier qui manque cruellement de reconnaissance !

Pourtant, les sages-femmes sont là pour toutes les femmes. Leur rôle ne se limite pas aux naissances, elles conseillent les femmes et les soutiennent dans tous les moments-clés de leur vie : la contraception, la grossesse, le suivi gynécologique, la sexualité, le dépistage des maladies, l’accouchement, la ménopause…

Ce recueil de témoignages donne la parole à ces professionnelles de la santé, pour qu’elles racontent leur quotidien, les obstacles et les réussites, les joies – et les peines. De Paris à Mayotte, de la campagne aux plus grandes villes, en exercice libéral ou salarié, dans le public ou le privé, des sages-femmes nous font découvrir les coulisses de leur métier : la relation avec les femmes, le couple, la famille, les collègues et autres professionnels de santé, les valeurs humaines ou les difficultés rencontrées…

Partez à la découverte de ces vies de sages-femmes au travers de témoignages inspirants, émouvants, engagés et parfois tristes – mais toujours vrais.

présentation video

La question des transferts d’accouchements accompagnés à domicile

Alors que la question des transferts d’accouchements accompagnés à domicile vers une structure hospitalière est souvent au cœur des débats, une sage-femme AAD nous partage son expérience de ces situations :


« Un petit mot à l’attention des collègues sages-femmes hospitalières,
J’ai parfois (voire souvent dans certaines structures) des retours catastrophiques de mes patientes en projet d’AAD qui viennent s’inscrire en maternité auprès d’une sage-femme de consultations en prévention d’un éventuel transfert.
Certaines femmes reçoivent un discours extrêmement infantilisant et dénigrant vis à vis de leur projet. On leur parle de risque de mort pour leur bébé, pour elles, etc… On leur fait savoir qu’elles seront sûrement mal reçues par les médecins en cas de transfert, elles ont souvent la pression pour subir un toucher vaginal (à 37 SA quel intérêt alors qu’il y a un suivi mensuel complet par ailleurs ???).
Je ne suis pas contre le fait de parler des risques aux femmes, ça fait partie de l’information, mais dans ce cas, les risques doivent être expliqués au regard des études en vigueur sur les AAD dans le cadre de grossesses à bas risque et non sur les fantasmes personnels des professionnels… Et je me questionne sur le fait qu’on informerait de la même manière une femme qui fait le choix d’accoucher en maternité sur les risques qu’elle encoure ?!
Ce type de consultation est malheureusement contre productif. Il braque les femmes et les insécurise complètement… Elles flippent à l’idée de mettre les pieds à la maternité, reviennent en me disant : « Hors de question de mettre les pieds là bas ! » « Mais tu me promets qu’en cas d’urgence vitale, ils vont bien s’occuper de moi ? »

Et voilà comment en 20 min, on a saboté une bonne partie du travail pré natal…

J’en profite pour saluer mes collègues de certains centres hospitaliers qui à l’inverse, ont un discours extrêmement positif et rassurant auprès des femmes, à l’écoute de leur projet de naissance. Ça me donne des retours du style : « Je suis rassurée, si je dois y aller ce sera en toute confiance ! » ou « Si je n’avais pas été si motivée à l’AAD, j’aurais presque eu envie d’aller y accoucher ! ». Donc oui c’est possible ! Les femmes en projet d’aad ne sont pas forcément des écervelées inconscientes anti-médicales.

Il y a un monde entre un transfert où je passe la main en faisant des transmissions express dans le couloir puis où l’on me ferme la porte au nez, et celui où je suis accueillie avec le couple, que je peux passer le relais dans la salle d’accouchement en prenant le temps de sécuriser la femme, de la rassurer sur la suite des évènements et lui présenter l’équipe qui va prendre le relais, où je peux ensuite faire des transmissions complètes dans le bureau de la maternité avec un thé ou un café et échanger avec mes collègues sur les spécificités et les besoins du couple en question. La satisfaction de toutes les parties est améliorée : celle du couple qui se sent alors considéré dans sa spécificité et entendu dans ses besoins autour de l’accueil de son bébé, celle de l’équipe hospitalière qui aura gagné la confiance de la femme qui arrive entre ses mains, et celle de la sage-femme libérale qui se sent intégrée à ce travail d’équipe et peut faire un pivot intéressant entre le domicile et l’hôpital.

Donc, dans l’intérêt de tout le monde vous aurez compris qu’il vaut mieux accueillir le projet de ces femmes avec bienveillance. Je comprends que c’est plus facile quand vous avez une équipe qui suit, mais je rappelle que vous avez une autonomie professionnelle !

Et si vous cherchez des études et statistiques sur les risques de l’aad, les taux de transferts, urgences, complications, etc, pour mieux informer les patientes, bienvenue sur www.apaad.fr !

Je fais le rêve que pour 2020, Année de la Sage-Femme, on puisse jeter aux oubliettes le vieux credo « la sage-femme, meilleure ennemie de la sage-femme ». Pour une meilleure coopération entre toutes ! »

Eléonore PICQ

Spectacle : la bascule du bassin

Chers membres de l’APAAD,
Il y a trois ans, à la faveur d’une résidence au CALM, maison de naissance des Bluets, j’ai écrit La bascule du bassin.L’histoire d’une femme qui accouche chez elle, au dessus du cercle polaire, en présence de sa mère, de sa grand-mère, d’un sage-femme homme, et d’un piano à queue livré ce matin-là.
Le spectacle sera créé en mars 2020.
Ce sera ma première mise-en-scène, et j’ai la chance de diriger les acteurs auxquels je pensais en écrivant : Mia Delmae, Maria de Medeiros, Evelyne Istria et Jean-Quentin Châtelain.
Nous avons 5 dates. Comme les doigts de la main.Je prépare ce spectacle depuis deux ans et le temps des représentations filera comme une poignée de main.
C’est pourquoi je me faufile en ces nuits les plus longues jusqu’au cœur de vos agendas, pour m’assurer de vos présences à l’un de ces 5 rendez-vous …
Les 6 & 7 mars scène nationale de Châteauvallon (théâtre couvert)Les 12 & 13 mars au théâtre de ChâtillonLe 21 mars à Fontenay sous-bois (salle Jacques Brel)
Pour réserver : Châteauvallon  Châtillon Fontenay-sous-bois
En faisant le vœu qu’une de ces soirées nous rassemble, Je vous souhaitant le meilleur en ces temps chaotiques qui méritent une bonne renaissance …

La bascule du bassin Texte et mise en scène :Isabelle Fruchart Avec :Mia Delmae, Maria de Medeiros, Evelyne Istria et Jean-Quentin Châtelain Assistante à la mise-en-scène : Marie Heck Mosser Décor :Frédéric Fruchart Lumières : Guillaume Parra Création sonore : François Vatin Composition musicale : Mia Delmae Costumes : Fiammetta Horvat Dessins :Amanda Aldebert «  Quel regard a-t-on posé sur votre mère alors qu’elle vous mettait au monde ? Le regard qu’on a posé sur elle, n’est-il pas le regard qu’on a posé sur vous ? Le regard qu’on a posé sur vous en train de naître, n’est-il pas le regard que l’on pose sur le monde ?Moi-même debout devant vous, ébloui, quelle est la manière dont je vous considère ? Qui regarde qui ? »
Production : Châteauvallon – scène nationale, Théâtre de Châtillon, Fontenay en scène, Cie Nous nous sommes tant aimés Avec le soutien du Théâtre Paris Villette, du CDN de Montreuil et de La Villette. Production déléguée : Hélène Icart – Prima Donna 

la question des transferts d’accouchements accompagnés à domicile

Alors que la question des transferts d’accouchements accompagnés à domicile vers une structure hospitalière est souvent au cœur des débats, une sage-femme AAD nous partage son expérience de ces situations :


« Un petit mot à l’attention des collègues sages-femmes hospitalières,
J’ai parfois (voire souvent dans certaines structures) des retours catastrophiques de mes patientes en projet d’AAD qui viennent s’inscrire en maternité auprès d’une sage-femme de consultations en prévention d’un éventuel transfert.
Certaines femmes reçoivent un discours extrêmement infantilisant et dénigrant vis à vis de leur projet. On leur parle de risque de mort pour leur bébé, pour elles, etc… On leur fait savoir qu’elles seront sûrement mal reçues par les médecins en cas de transfert, elles ont souvent la pression pour subir un toucher vaginal (à 37 SA quel intérêt alors qu’il y a un suivi mensuel complet par ailleurs ???).
Je ne suis pas contre le fait de parler des risques aux femmes, ça fait partie de l’information, mais dans ce cas, les risques doivent être expliqués au regard des études en vigueur sur les AAD dans le cadre de grossesse à bas risque et non sur les fantasmes personnels des professionnels… Et je me questionne sur le fait qu’on informerait de la même manière une femme qui fait le choix d’accoucher en maternité sur les risques qu’elle encoure ?!
Ce type de consultation est malheureusement contre productif. Il braque les femmes et les insécurise complètement… Elles flippent à l’idée de mettre les pieds à la maternité, reviennent en me disant « hors de question de mettre les pieds là bas ! » « Mais tu me promets qu’en cas d’urgence vitale, ils vont bien s’occuper de moi ? »

Et voilà comment en 20 min, on a saboté une bonne partie du travail pré natal…

J’en profite pour saluer mes collègues de certains centres hospitaliers qui à l’inverse, ont un discours extrêmement positif et rassurant auprès des femmes, à l’écoute de leur projet de naissance. Ça me donne des retours du style : « Je suis rassurée, si je dois y aller ce sera en toute confiance ! » ou « Si je n’avais pas été si motivée à l’AAD, j’aurais presque eu envie d’aller y accoucher ! ». Donc oui c’est possible ! Les femmes en projet d’aad ne sont pas forcément des écervelées inconscientes anti-médicales.

Il y a un monde entre un transfert où je passe la main en faisant des transmissions express dans le couloir et où on me ferme la porte au nez, et celui où je suis accueillie avec le couple, que je peux passer le relais dans la salle d’accouchement en prenant le temps de sécuriser la femme, de la rassurer sur la suite des évènements et lui présenter l’équipe qui va prendre le relais, où je peux ensuite faire des transmissions complète dans le bureau de la maternité avec un thé ou un café et échanger avec mes collègues sur les spécificités et les besoins du couple en question. La satisfaction de toutes les parties est améliorée : celle du couple qui se sent alors considéré dans sa spécificité et entendu dans ses besoins autour de l’accueil de son bébé, celle de l’équipe hospitalière qui aura gagné la confiance de la femme qui arrive entre ses mains, et celle de la sage-femme libérale qui se sent intégrée à ce travail d’équipe et peut faire un pivot intéressant entre le domicile et l’hôpital.

Donc, dans l’intérêt de tout le monde vous aurez compris qu’il vaut mieux accueillir le projet de ces femmes avec bienveillance. Je comprends que c’est plus facile quand vous avez une équipe qui suit, mais je rappelle que vous avez une autonomie professionnelle !

Et si vous cherchez des études et statistiques sur les risques de l’aad, les taux de transferts, urgences, complications, etc, pour mieux informer les patientes, bienvenue sur www.apaad.fr !

Je fais le rêve que pour 2020, Année de la Sage-Femme, on puisse jeter aux oubliettes le vieux credo « la sage-femme, meilleure ennemie de la sage-femme ». Pour une meilleure coopération entre toutes ! »

L’accouchement hospitalier est-il sécuritaire pour les femmes à bas risque et leur bébé ?

Le changement de paradigme est en route. Voici la conclusion d’un article (1) publié dans The Lancet:

 » Les preuves scientifiques qui soutiennent la sécurité de l’accouchement à domicile pour les femmes à bas risque accompagnées par des sages-femmes dans un cadre bien intégré sont désormais très convaincantes. Maintenant nous devrions peut-être nous demander : l’accouchement hospitalier est-il sécuritaire ou pérenne pour les femmes à bas risque dans les pays développés et en voie de développement ? Pour suivre cette voie nous devons changer de discours, et adopter une définition de la sécurité ressentie instinctivement par les femmes et à laquelle elles aspirent, notamment la sécurité physique, psychologique, sociale, culturelle et spirituelle. Il est temps que nous reconnaissons que tous les professionnels de la maternité doivent s’unir et se mettre d’accord sur les principes fondamentaux nécessaires pour s’assurer que les femmes disposent d’options sécuritaires au moment de choisir leur lieu d’accouchement, quelque soit ce choix. »

  1. Dahlen, H. G. (2019). Is it Time to Ask Whether Facility Based Birth is Safe for Low Risk Women and Their Babies?. EClinicalMedicine, 14, 9-10.

Rencontre de l’APAAD avec le CNGOF et la FFRSP : Tisser les liens

Novembre a été riche de rencontres pour notre association. Bien sûr il y a eu les journées du CDAAD 2019 mais pas seulement! Nos équipes ont été reçues par le Collège National des Gynécologues Obstétriciens de France (CNGOF) et par la Fédération Française des Réseaux de Santé Périnatale (FFRSP). Une grande première pour la communauté AAD.

Rencontre CNGOF – APAAD: respect du droit des femmes et sécurisation des transferts

L’APAAD a rencontré le CNGOF représenté par les Pr Deruelle et Nizand.

Nos échanges étaient orientés autour de la question de la collaboration entre les professionnels de l’AAD et ceux de l’offre hospitalière.

Tous autour de la table ont conscience que les enjeux actuels sont de mettre en place des conditions d’accueil respectueuses des droits et des besoins essentiels des femmes dans les maternités et de trouver des réponses aux problématiques de manque de financement, de personnel insuffisant, d’éloignement des maternités, d’ouverture d’espaces physiologiques…

Le CNGOF nous a affirmé défendre l’objectif «one-to-one» soit «une femme – une sage-femme» et l’ouverture des plateaux techniques hospitaliers à toutes les sages-femmes. Nous ne pouvons que partager cette vision et l’encourager pour le bien des femmes souhaitant ou devant accoucher à l’hôpital.

Dans l’état actuel, le CNGOF évalue l’AAD comme une option montrant l’échec de l’hôpital à répondre aux besoins d’une minorité de femmes, qui selon eux, si elles pouvaient bénéficier du «one-to-one» et d’aménagements «naturels» dans toutes les maternités, n’auraient plus besoin de choisir l’AAD. Nous avons pu témoigner que malgré tous les aménagements et la création de maison de naissance, l’AAD reste un véritable choix que certaines familles ne remplaceront par aucun compromis hospitalier.

En effet si l’AAD peut être un choix en réaction à des violences obstétricales ou de mauvaises expériences hospitalières, il est le plus souvent un choix éclairé et guidé par la confiance des femmes dans le processus de naissance, l’envie d’intimité et de naissance en famille.

Aussi pour nous la préoccupation principale est l’accueil des femmes souhaitant un AAD pour des ouvertures d’un dossier anesthésie +/- obstétrical (dépend des accords locaux) afin d’anticiper et faciliter un éventuel transfert. La seconde préoccupation est que, si transfert il y a, les sages-femmes et leurs patientes puissent être accueillies cordialement et collaborer avec les équipes hospitalières en se centrant sur la femme. Nous savons à quel point la communication et la coordination sont des clés des prises en charge urgentes.

Les Pr Nizand et Deruelle, s’ils ne souhaitent pas promouvoir l’AAD, ont affirmé que tous les hôpitaux devraient effectivement travailler en partenariat avec les sages-femmes lors des transferts et leur proposer l’accès au plateau technique de l’établissement. Ils nous ont affirmé leur soutien sur ce point.

Rencontre FFRSP – APAAD : groupe de travail national visant à uniformiser les procédures de transfert AAD

Nous avons présenté notre vision de l’AAD au CA de la FFRSP. Notre objectif était de présenter nos travaux et de proposer un travail commun visant à uniformiser les procédures de transfert AAD sur le territoire.

Les réseaux de santé périnataux sont en effet en charge de la mise en place et de l’optimisation des transferts dans une région. Le fameux «maillage territorial»! Le fait d’élaborer des procédures uniformes sur le territoire permettrait d’optimiser les transferts lors des AAD.

Le travail avec les réseaux pourrait également permettre un suivi des AAD dans chaque région afin de les quantifier et organiser un suivi national comme pour les autres naissances ayant lieu à l’hôpital.

Si les avis sur l’AAD étaient plus que partagés à notre arrivée, nous avons eu la joie de voir les pensées évoluer en cours de réunion, avec la mise en lumière de notre rapport 2018 et nos propositions. Un des gynécologues présent nous a même offert une belle analogie en comparant notre combat et nos efforts à ceux des militants de l’IVG et de la contraception qui ont organisé une désobéissance civile et refusé d’abandonner les femmes.

La FFRSP va réfléchir à inscrire la question de l’AAD dans ses travaux et nous ne pouvons pas imaginer qu’il en soit autrement.

Et si problèmes, à qui la faute?!

Si le travail d’intégration de l’AAD au système de soin est si complexe en France, c’est principalement par la peur de la responsabilité médico-légale. Nous avons pu constater à quel point cette peur peut conduire les professionnels à des attitudes autoritaristes, voire violentes. La question du lieu de naissance n’y échappe pas.

Pour autant si nous nous placions uniquement du point de vue médico-légal, faisant fi de la littérature scientifique rassurante sur l’AAD, qui seraient les professionnels pouvant être accusés de mettre en danger les femmes?

Ceux qui les accompagnent dans leur choix et militent pour que ceux-ci soient reconnus, ou ceux qui s’obstinent dans une offre de service de santé unique et veulent imposer leur vision de la naissance, quitte à laisser des femmes accoucher seules et sans professionnel qualifié?!

Beaucoup de professionnels de santé et surtout hospitaliers, s’interrogent aujourd’hui sur la question des AAD et ont peur de ce qui se passerait s’ils acceptaient de travailler avec des sages-femmes AAD. Ils ont, entre autres, peur que leur soit reprochée leur implication en cas de complication.

Nous souhaitons retourner la question: Que se passerait-il si des complications survenaient lors d’un transfert parce qu’ils ont refusé de donner les moyens à la sage-femme d’anticiper ce transfert ou de faire des transmissions? Que se passerait-il si des complications survenaient parce qu’une femme a préféré accoucher seule, à défaut de sage-femme AAD, plutôt qu’aller à l’hôpital? Que se passerait-il si les zones sans sage-femme AAD laissent la place aux charlatans de toute sorte?

Un virage prochainement

En une année l’APAAD a pu prendre des contacts solides avec les différents acteurs de la naissance. Nous constatons désormais une ouverture et un changement de positionnement. Les débats sur les violences obstétricales et gynécologiques ont permis de remettre les femmes au centre de la naissance et de sortir du postulat que «tout est autorisé au nom de sacro-saint fœtus». Les professionnels ne peuvent plus se permettre de décider pour les femmes sous prétexte de les protéger ou de sauver leur bébé.

Ce mouvement vient également faire tâche d’huile sur la question de l’AAD. D’ailleurs l’Institut de Recherche et d’Action pour la Santé des Femmes (IRASF) répertorie «l’absence de choix et de diversité dans l’offre de soin» comme un des neuf critères de violence (1).

De leur côté les sages-femmes AAD osent enfin faire valoir leur leadership et leur connaissances uniques. Elles osent s’afficher au grand jour pour tenter de tisser des liens entre les différentes approches de naissance, refusant de céder à la peur et aux menaces subies depuis près de 15 ans maintenant.

Les deux milieux s’ouvrant l’un à l’autre, un langage commun prenant vie, nous pouvons désormais apercevoir un climat de bienveillance et d’alliance au service des femmes quelques soient leurs choix et leurs besoins.

Une saine interdépendance est en construction!

1/ https://www.irasf.org/definition-violences-obstetricales-gynecologiques/

L’interview d’Amélie BATTAGLIA

Sage-Femme depuis plus de 10 ans, Madame BATTAGLIA HENNEGUELLE a eu la chance d’explorer plusieurs facettes de son métier : accompagnement global, sage-femme en centre de dépistage et en maison de  naissance.

Lors de ces années elle a été compagnonnée dans sa réflexion de sage femme par Jacqueline Lavillonière, et c’est  empreinte de toutes ces influences et avec un master de santé publique en poche, qu’elle poursuit aujourd’hui son activité libérale au sein de son cabinet de campagne. Toujours en recherche d’amélioration de sa pratique professionnelle et très curieuse dans le domaine de la santé, elle est également rédactrice à la revue PRESCRIRE

Lire l’interview complet : sur ce site

Forte inquiétude sur le devenir des maisons de naissance dans ce temps d’évaluation

Attachées, comme toutes les sages-femmes qui pratiquent les AAD, à un accompagnement global vers une naissance respectée, nos collègues qui exercent en maison de naissances sont inquiètes. Nous soutenons évidemment leur démarche pour faire valoir la qualité de la proposition qui est faite aux femmes, afin de respecter leur libre choix. A coté des structures hospitalières, indispensables évidemment, l’existence d’autres choix, dans la sécurité, est essentielle. De nombreux pays ont valorisé cette diversité, la France doit aussi y arriver. N’hésitez pas à consulter le site des MDN